La Bourse en Tunisie



   Présentation   Notre mission   Nos ambitions   Nos atouts   Notre place

   Les marchés de la bourse   Activités des intermédiaires en bourse

   Organisation de la Bourse
   A - La cote de la Bourse
   B - Le marche hors cote

   Protection de l'investisseur   Les produits boursiers
    
    Introduction

     I - Les titres de capital

     A - les différents types de titres de capital
         1 - Les actions ordinaires
            a - Le droit d'information et de gestion
            b - Le droit sur les bénéfices
            c - Le droit sur l'actif net

         2 - Les actions à dividende prioritaire sans droit de vote ou ADP
         3 - Le certificat d'investissement ou CI

     B - le rendement des titres de capital
         1 - Le dividende
         2 - La plus-value et la moins value
         3 - Leur fiscalité
            a - La fiscalité sur les dividendes
            b - la fiscalité sur les plus-values
            c - la fiscalité sur les moins-values

     II - Les titres de créance
         1 - Les titres participatifs
         2 - Les obligations convertibles en actions

     III - Les titres d’hybrides
         
1. Les titres participatifs
         2. Les obligations convertibles en actions

     IV - Les titres des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières ou OPCVM
         1 - Les actions des Sociétés d'Investissement à Capital Variable ou SICAV
         2 - La fiscalité des SICAV
         3 - Les parts de Fonds Communs de Placement ou FCP et leur fiscalité

     V - Le Compte Epargne en Actions ou CEA
         1 - Eléments de définition
         2 - Sa fiscalité

Présentation:

La Bourse est le lieu où les investisseurs achètent et vendent des titres de capital ou de créance émis par les entreprises, l’Etat et les collectivités locales. Ce rôle de marché assure la liquidité des titres détenus par les investisseurs. Cette liquidité permet aux émetteurs de se procurer des fonds pour financer leur croissance en faisant appel au public. A ce titre, la Bourse constitue l’une des sources de financement de l’économie.

Notre mission:

La gestion du marché tunisien des valeurs mobilières par :

  • L’admission de nouveaux titres à la cote de la Bourse ;

  • L’organisation des échanges et la cotation des titres dans les meilleures conditions d’égalité, de sécurité et de transparence ;

  • La diffusion des informations boursières.

La promotion et le développement du marché boursier.

Nos ambitions:

   Etre le moteur d’un changement profond des mentalités en matière financière pour inscrire l’épargne boursière dans les habitudes des épargnants et ancrer le financement boursier dans la culture managériale des entreprises tunisiennes ;

  • Constituer un rouage essentiel dans l’économie financière de la Tunisie ;

  • Etre la voie de l’ambition des entreprises tunisiennes leur permettant de concevoir plus grand et réaliser plus vite pour raccourcir les délais de leur développement et leur internationalisation ;

  • Participer à la diffusion la plus large de la culture de transparence et de bonne gouvernance ;

  • Participer au rayonnement régional de la Tunisie.

Nos atouts:

   Un environnement général économique et social favorable : une économie avec des fondamentaux solides, des perspectives prometteuses, une gestion macro-économique saine, une inflation maîtrisée et une paix sociale …

  • Un cadre législatif et réglementaire moderne et conforme aux standards internationaux ;

  • Une technologie de négociation avancée garantissant performance et sécurité ;

  • Un système de règlement livraison fiable répondant aux normes internationales avec
    dénouement J+3 ;

  • Un système de garantie de la bonne fin des transactions ;

  • Des exigences de professionnalisme, de solidité financière et d’intégrité à la charge des opérateurs garantissant les intérêts des investisseurs.

Notre place:

   Lieu de rencontre des investisseurs en valeurs mobilières, la Bourse se situe au cœur du marché financier     où :

  • Des sociétés d’intermédiation soumises à agrément, ont le monopole de la négociation des titres en Bourse.

  • La Société Tunisienne interprofessionnelle pour la Compensation et le Dépôt des Valeurs Mobilières (STICODEVAM) assure le règlement des espèces et la livraison des titres ;

  • Le Fonds de Garantie de Marché (FGM) s’interpose entre les intermédiaires en Bourse pour assurer la bonne fin des transactions ;

  • Le Conseil du Marché Financier (CMF), autorité de contrôle du marché, veille à la protection des investisseurs et au bon fonctionnement des marchés de la Bourse.


Les marchés de la bourse:

  1. La cote de la Bourse est réservée à la négociation des titres qui répondent aux conditions d’admission   prévues par la réglementation boursière. Elle comprend les marchés suivants :

  • Le Marché Principal est destiné aux grandes entreprises performantes ;

  • Le Marche Alternatif est destiné aux petites et moyennes entreprises ayant des perspectives prometteuses ;

  • Le Marché Obligataire est réservé pour la négociation des titres de créance ;

  2. Le marché Hors Cote est ouvert aux titres de sociétés faisant appel public à l’épargne non admises à   la cote de la Bourse ;

  3. Les transactions de titres de sociétés ne faisant pas appel public à l’épargne sont soumises à une   formalité d’enregistrement en Bourse.

 Les avantages qu'offre la bourse:

Aux investisseurs et épargnants :

  • Des placements liquides et rémunérateurs surtout sur le long terme ;

  • Une évaluation permanente du patrimoine ;

  • Une exonération de l’impôt sur les dividendes et les plus values réalisées ;

  • Un dégrèvement fiscal pour les détenteurs d’un Compte d’Epargne en Actions (CEA) ;

  • Le statut d’actionnaire et copropriétaire de sociétés de renommée.

Aux entreprises :

  • Levée de capitaux directement auprès des investisseurs, à moindre coût ;

  • Renforcement de la notoriété et de l’image de marque ;

  • Dégrèvement fiscal pour les cinq années qui suivent l’introduction en Bourse ;

  • Pérennisation par la facilitation de la transmission.

Dates clés de la bourse de Tunis:

Février 1969 : Création de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis, Etablissement public

Novembre 1994 : Promulgation de la loi 94-117 portant réorganisation du marché financier qui sépare les fonctions de contrôle et de gestion du marché boursier

Novembre 1995 : Création de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis, Société anonyme détenue par les intermédiaires en bourse.

Octobre 1996 : Mise en place du système de cotation électronique NSC

Avril 1998 : Lancement de l’indice TUNINDEX (Base 1000 au 31 décembre 1997)

Décembre 2007 : Lancement du Marché Alternatif, dédié aux PME, Passage à la version V900 du système de cotation électronique NSC.

 

Activités des intermédiaires en bourse :

   Les intermédiaires en bourse sont les seuls habilités par la loi à agir en Bourse, où ils négocient et/ou enregistrent des opérations portant sur des valeurs mobilières.
Ils peuvent se livrer également aux activités suivantes :

  • le conseil financier;

  • le démarchage financier;

  • la gestion de portefeuilles au profit d'organismes de placement collectif en valeurs mobilières;

  • le placement de valeurs mobilières et de produits financiers;

  • la garantie de bonne fin des émissions pour les entreprises publiques ou privées;

  • la contrepartie

  • la tenue de marché

  • le portage d'actions

  • le listing sponsor.

Organisation de la Bourse :

   La Bourse est un lieu d'échange des valeurs mobilières émises par les sociétés anonymes qui sont réparties en deux catégories :

  • Les sociétés faisant appel public à l'épargne (FAPE),

  • Les sociétés ne faisant pas appel public à l'épargne (non FAPE).

   Les sociétés qui font appel public à l'épargne (FAPE) telles que définies par l'article 1er de la loi 94-117 sont :

  • les sociétés déclarées comme telles par leurs statuts,

  • les sociétés dont les titres sont admis à la Cote de la Bourse,

  • les banques et les sociétés d'assurances,

  • les sociétés dont le nombre d'actionnaires est supérieur ou égal à cent,

  • les organismes de placement collectif en valeurs mobilières,

  • les sociétés et les organismes autres que les organismes de placement collectif en valeurs mobilières qui, pour le placement de leurs titres, recourent soit à des intermédiaires, soit à des procédés de publicité quelconques, soit au démarchage.

   Toutes les autres sociétés anonymes qui ne sont pas concernées par ce qui précède sont considérées comme ne faisant pas appel public à l'épargne (Non FAPE).
L'échange de titres en Bourse se fait selon deux principes :

  • La négociation pour les titres des sociétés FAPE;

  • L'enregistrement pour les titres des sociétés Non FAPE.

  La négociation sur les marchés de la Bourse

   Les titres des sociétés FAPE qui sont négociés en Bourse se répartissent en deux types : les titres qui sont admis à la Cote de la Bourse et les titres qui sont négociés sur le marché Hors-cote.

A - La cote de la Bourse

   La Cote de la Bourse est ouverte à la cotation des titres de capital et de créance émis par les sociétés anonymes qui répondent aux conditions d'admission et de séjour prévues par la réglementation boursière ainsi que des titres de créance émis par l'Etat (BTA) et les collectivités publiques locales.
La Cote de la Bourse comporte : deux marchés pour les titres de capital et un marché obligataire pour les titres de créance.

  • Les marchés des titres de capital se composent d'un marché principal et un marché alternatif. Ils sont ouverts aux sociétés qui répondent aux conditions de séjour exigées par la réglementation boursière.

  • Le marché obligataire est ouvert automatiquement aux titres de créance de l'Etat et des collectivités publiques locales. En revanche, l'admission des titres de créance des collectivités de droit privé nécessite la satisfaction de certaines conditions fixées par le règlement général de la Bourse.

B - Le marche hors cote

  Il est ouvert aux négociations des titres émis par les sociétés FAPE qui ne sont pas admis à la Cote de la Bourse.

  L'enregistrement

   Tout transfert de propriété sur valeurs mobilières effectué hors des marchés de la Bourse doit être soumis à une formalité d'enregistrement en Bourse. Cependant, les valeurs mobilières émises par les sociétés Non FAPE peuvent faire l'objet de négociation sur le marché Hors Cote, à la demande des offreurs et des demandeurs intéressés par les avantages du marché (Article 71 de la loi 94-117).

   Les transactions sur les titres des sociétés FAPE ne peuvent faire l'objet d'enregistrement que dans les cas prévus par l'article 70 de la loi 94-117.

   Par ailleurs, tout transfert de propriété sur valeurs mobilières entre les personnes non résidentes et portant sur des valeurs mobilières et produits financiers émis par des sociétés non résidentes de droit tunisien doit être déclaré pour enregistrement sans frais à la Bourse au plus tard 15 jours après leur inscription sur leurs registres.

Protection de l'investisseur :

   Le marché boursier est doté d'un ensemble d'institutions qui assurent la protection aux investisseurs en valeurs mobilières.

  Le Conseil du Marché Financier -CMF- est chargé de veiller à la protection de l'épargne investie en valeurs mobilières. Dans ce cadre, il assure l'organisation des marchés et veille à leur bon fonctionnement afin de prévenir les manipulations susceptibles d'en entraver le bon fonctionnement. Il est également chargé du contrôle de l'information financière et de la sanction des manquements ou infractions à la réglementation en vigueur.

   La protection de l'épargne investie dans les valeurs mobilières est assurée par le CMF par les moyens suivants :

  • Il accorde les visas des prospectus relatifs aux opérations d'appel public à l'épargne

  • Il contrôle les opérations boursières

  • Il contrôle les intermédiaires en Bourse et les organismes de placement collectif

  • Il contrôle l'information financière

  • Il veille au respect et à l'application de la réglementation

  • Il reçoit les plaintes des investisseurs et autres épargnants et instruit les dossiers y afférents

  • Il prononce des sanctions en cas d'infraction.

Le dénouement des opérations boursières

   Le règlement des espèces (pour l'acheteur) et la livraison des titres (pour le vendeur) se fait simultanément à la date J+3. Le dénouement est réalisé par le dépositaire central : la STICODEVAM.

Le fonds de garantie de marché

  Il a été institué pour assurer la bonne fin des transactions. Le FGM s'interpose entre les intermédiaires en bourse pour éliminer les éventuels défauts entre eux. Il est alimenté par leurs différentes contributions à ce fonds.

La déclaration de franchissement de seuils

   Afin d'assurer une meilleure transparence pour les investisseurs, la réglementation boursière oblige les actionnaires d'une société cotée dont la participation dépasse certains seuils fixés par la loi à procéder à une déclaration. Ainsi, un actionnaire dont la participation dans le capital d'une société cotée atteint ou dépasse les seuils de 5%, 10%, 20%, 33.33% ou 66.66% doit informer la société, le Conseil du marché financier et la Bourse de Tunis de ce franchissement et de ces intentions. Le non respect de cette obligation entraîne la suppression des droits de vote pour l'actionnaire.


Les produits boursiers :


Introduction

   Le marché financier tunisien offre aujourd'hui aux investisseurs, une large gamme de produits boursiers, répondant chacun à des objectifs distincts selon le niveau de risque, de rendement ou de liquidité recherché.

   Cette diversité, conjuguée aux avantages fiscaux accordés à certains de ces produits, tend à populariser l'investissement boursier. Celui-ci offre de réelles opportunités aux petits porteurs et aux gros investisseurs privés ou institutionnels.

Le présent document dresse la liste des produits boursiers disponibles sur la place de Tunis ainsi que leurs différentes caractéristiques.

En complément de cette brochure, la Bourse de Tunis met également à votre disposition le « Guide de l'investisseur » qui présente les modalités d'accès au marché boursier.

I - Les titres de capital

A- les différents types de titres de capital

Il en existe trois :

  • les actions ordinaires

  • les actions à dividende prioritaire sans droit de vote ou ADP

  • les certificats d'investissement ou CI

1. Les actions ordinaires

Les actions sont des titres de propriété d'une société. Chaque action représente une fraction du capital de cette entreprise.

   La possession d'actions donne des droits à leur détenteur auprès de l'entreprise concernée ; droits liés au statut de copropriétaire de l'entreprise et qui s'exercent proportionnellement au nombre d'actions détenues.

Ces droits sont de trois ordres :

  1. le droit d'information et de gestion : la possession d'actions d'une société confère à son détenteur la qualité d'associé. A ce titre, tout détenteur d'actions ordinaires d'une l'entreprise détient un droit d'information ainsi qu'un droit de vote lors des assemblées générales. Ce droit de vote permet à l'associé d'exprimer un choix de gestion,

  2. le droit sur les bénéfices : la possession d'actions ouvre un droit sur les bénéfices de l'entreprise proportionnellement à la part du capital ainsi détenue. Il s'agit du droit au dividende. Il est variable d'une année sur l'autre, découlant directement des résultats annuels de l'entreprise et est distribué à la fin de chaque exercice comptable,

  3. le droit sur l'actif net : ce droit intervient en cas de liquidation de l'entreprise. Dans cette situation, les biens disponibles après le remboursement de la totalité des dettes de l'entreprise constituent l'actif net, distribué aux actionnaires proportionnellement à la part de capital détenue par chacun d'entre eux.

2. Les actions à dividende prioritaire sans droit de vote ou ADP

   Les l'entreprise ont la possibilité, sous certaines conditions, d'émettre ou de créer des actions à dividende prioritaire sans droit de vote (ADP). Elles peuvent le faire lors d'une augmentation de capital ou dans le cadre d'une opération de conversion d'actions ordinaires déjà existantes.

   Les ADP sont des actions sans droit de vote. Le versement du dividende y afférent s'effectue en priorité par rapport aux actions ordinaires.

   Les ADP confèrent donc à leur détenteur des droits moins importants mais elles sont mieux rémunérées : en d'autres termes, en renonçant à son droit de vote, le détenteur d'ADP bénéficie en contrepartie d'un dividende prioritaire.

   Ce dividende ne peut être inférieur à un niveau fixé lors de l'émission ou de la création de l'ADP. De même, ce dividende ne peut être inférieur à celui du premier dividende tel que prévu par les statuts de l'entreprise.

   Si le dividende ne peut être versé intégralement du fait de bénéfices distribuables insuffisants, le solde par rapport au niveau minimum préalablement fixé est reporté sur les exercices ultérieurs. Dans le cas où cette situation perdure plus de trois ans, le droit de vote est réintégré et l'ADP redevient une action ordinaire.

   En revanche, si les bénéfices distribuables confèrent au dividende une valeur supérieure à celle préalablement définie, ce dernier sera conservé à ce niveau supérieur et sera donc équivalent au dividende des actions ordinaires.

Il est à noter que les ADP ne peuvent représenter plus du tiers du capital de l'entreprise.

3. Le certificat d'investissement ou CI

Le certificat d'investissement ou CI résulte d'une scission de l'action ordinaire en deux titres distincts :

  1. le certificat d'investissement qui comporte l'ensemble des droits financiers associés à l'action ordinaire et notamment le droit aux dividendes. Un dividende prioritaire peut d'ailleurs lui être accordé,

  2. le certificat de droit de vote qui représente les autres droits attachés à l'action ordinaire.

   En d'autres termes, le certificat d'investissement est une action sans droit de vote qui permet à l'entreprise cotée de recueillir des capitaux sans modifier l'actionnariat. L'émission des CI est limitée au tiers du capital de l'entreprise.

B - le rendement des titres de capital

   Quel que soit le type de titre de capital détenu, action ordinaire, ADP ou CI, l'actionnaire est associé aux résultats de l'entreprise qu'ils soient positifs ou négatifs. La valeur boursière du ou des titres détenus est en ce sens directement liée aux perspectives de résultats de l'entreprise.

Le rendement d'un titre de capital a deux composantes :

  • Les dividendes

  • La plus-value et son contraire, la moins-value, intervenant uniquement lors de la revente du titre

1) Le dividende

Le dividende est la rémunération de l'actionnaire:

   Concrètement, à la fin de chaque exercice, sur proposition du conseil d'administration, l'assemblée générale décide de distribuer ou non aux actionnaires la totalité ou une partie du bénéfice. Le montant à distribuer retenu est divisé par le nombre d'actions qui composent le capital de l'entreprise : c'est ce produit par action que l'on nomme dividende.

La distribution du dividende en numéraire se fait par le versement à l'actionnaire d'une somme d'argent proportionnellement au nombre d'actions détenues.

2) La plus-value et la moins value

La plus-value est constituée par le bénéfice réalisé entre l'achat et la vente d'actions. Autrement dit, la plus-value est égale à la différence entre le prix de cession d'une action et son prix d'acquisition.

Si cette différence est négative, c'est-à-dire si le prix de cession est inférieur au prix d'acquisition, on parle alors de moins-value.

3) Leur fiscalité

a) la fiscalité sur les dividendes est la même pour tous, quel que soit le statut de l'actionnaire, personne physique ou morale. Les dividendes sont ainsi exonérés de l'impôt sur les revenus des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés.

b) la fiscalité sur les plus-values diffère selon le cas :

  • s'agissant d'une entreprise cotée en bourse :

    • la plus-value sur la cession d'actions des sociétés cotées est exonérée pour sa totalité de l'impôt sur les revenus des personnes physiques, et de l'impôt sur les sociétés.
  • s'agissant d'une entreprise non cotée en bourse :

    • si l'actionnaire est une personne physique, la plus-value sur la cession d'actions de sociétés cotées est exonérée de l'IRPP au titre de la tranche inférieure à 10 000 dinars. Les montants excédant 10 000 dinars sont soumis à un taux libératoire de 10%.

    • si l'actionnaire est une personne morale, la plus-value est soumise à l'impôt sur les sociétés (sauf pour les SICAR)

c) la fiscalité sur les moins-values

Que l'entreprise soit cotée ou non, la moins-value est déductible de l'assiette imposable.

   Par ailleurs, les provisions pour dépréciation des titres de sociétés cotées donnent droit à une déduction dans la limite de la différence entre le prix d'acquisition et le cours boursier moyen du mois de décembre précédant la cession, et ce jusqu'à 30% du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés. Le reliquat est reportable sur les exercices ultérieurs.

   Il faut noter enfin qu'un avantage fiscal est prévu par la loi sous la forme d'un abattement de 35% à 100% des bénéfices ou des revenus imposables pour la souscription au capital initial ou à l'augmentation de capital des sociétés suivantes :

  • les entreprises exportatrices

  • les entreprises du secteur informatique

  • les entreprises implantées dans les zones de développement régional ou dans les zones économiques franches.

II - Les titres de créance

1. Les obligations et les Bons du Trésor Assimilables ou BTA

   En cas de besoin de financement, la Bourse constitue, pour les entreprises, privées ou publiques, une alternative au crédit bancaire.

   Dans ce cas, l'entreprise émet des titres de créance appelés obligations. Les obligations à moyen et long termes émises par l'Etat, qui peut lui aussi avoir recours au marché boursier pour lever des fonds, sont appelées les Bons du Trésor Assimilables ou BTA.

   Chaque obligation représente une fraction d'un emprunt émis par l'entreprise sur le marché boursier. Le porteur de l'obligation devient donc créancier de l'entreprise.

   Le porteur d'obligation court un risque inférieur au porteur d'action car l'obligation lui assure des garanties de rémunération et de remboursement.

En revanche, le porteur d'obligation ne jouit pas des mêmes droits que le porteur d'action : il ne bénéficie ni du droit sur les bénéfices, ni du droit de gestion ou du droit de vote.

   Les obligations sont rémunérées en fonction d'un taux d'intérêt sur la valeur faciale. Ce taux est fixé par voie contractuelle dès l'émission du titre de créance.

Le taux d'intérêt peut revêtir deux formes :

  • le taux d'intérêt fixe reste constant pendant toute la durée de l'emprunt,

  • le taux d'intérêt variable fluctue en fonction d'un taux de référence.

Le remboursement des obligations se fait selon les conditions fixées par contrat : il peut prendre plusieurs formes :

  • un amortissement par tranches annuelles,

  • un remboursement en bloc du principal à l'échéance finale ; on parle de remboursement in fine. L'obligataire perçoit alors l'intérêt à des échéances prédéfinies,

  • un remboursement en une seule fois, à l'échéance finale, comprenant le capital prêté et les intérêts pour les obligations dites à zéro coupon.

Les obligations peuvent être émises pour une durée minimale de 5 ans, ramenée à 2 ans pour les BTA.

2. Leur fiscalité

Les intérêts sont soumis à une fiscalité en tant que revenus des capitaux mobiliers : RCM.

Cette fiscalité prend la forme d'une retenue à la source.

  • Pour les personnes morales, la retenue à la source est de 20% imputable sur l'impôt sur les sociétés.
    En revanche, cette retenue à la source est libératoire pour les personnes morales exonérées de l'impôt sur les sociétés comme les SICAV.

  • Pour les personnes physiques, la retenue à la source est également de 20%.
    Néanmoins, les intérêts des obligations sont avec ceux des autres formes d'épargne, déductibles de l'assiette de l'impôt sur le revenu dans la limite d'un plafond annuel de 1500 dinars.

III - Les titres d’hybrides

   Les entreprises peuvent également émettre ce que l'on nomme des titres hybrides car ils empruntent certaines de leurs caractéristiques aux obligations et certaines autres aux actions.

De ce fait, les titres hybrides allient à la fois les avantages relatifs des obligations et les gains potentiels des actions.

1. Les titres participatifs

Emis par les entreprises, ils sont remboursables après 7 ans.

  • leur rémunération compte une partie fixe et une partie variable en fonction d'une référence qui peut être le bénéfice ou le chiffre d'affaires de l'entreprise. Cette rémunération est fixée par le contrat d'émission.

  • leur fiscalité : la rémunération des titres participatifs fait l'objet d'une retenue à la source de 20% :

    • Imputable sur les revenus pour les personnes physiques.

    • Imputable sur l'impôt sur les sociétés pour les personnes morales.

    • Libératoire pour les sociétés exonérées de l'IS (SICAV).

2. Les obligations convertibles en actions 1. Les titres participatifs

Il s'agit d'obligations qui peuvent être converties au gré du porteur en actions créées par l'entreprise émettrice au moment de cet échange.

Les obligations convertibles en actions offrent ainsi plusieurs avantages :

  • le porteur, qui est créancier de l'entreprise émettrice, bénéficie d'une position confortable : il jouit d'une période d'observation de l'entreprise avant de prendre la décision d'en devenir actionnaire et conserve la possibilité d'une conversion. De plus, il est assuré d'un placement sans risque dans l'immédiat, mais dont le rendement sera amélioré lors de la conversion et d'une évolution favorable de l'entreprise émettrice,

  • l'entreprise émettrice bénéficie quant à elle d'une rentrée de fonds sous forme d'emprunt qu'elle n'aura pas besoin de rembourser en cas de conversion. Cette opération permet ainsi à l'entreprise de bénéficier d'une augmentation de capital différée au moment de l'échéance.

IV. Les titres des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières ou OPCVM

   Les Organismes de Placements Collectifs en Valeurs Mobilières, OPCVM, sont des structures qui ont pour vocation de gérer au sein de portefeuilles titres, divers produits financiers pour le compte d'épargnants qui ne souhaitent pas investir à titre individuel directement en bourse, mais profiter de la diversification et du savoir-faire de gestionnaires professionnels.

Les principaux types d'OPCVM sont les sociétés d'investissement à capital variable ou SICAV et les Fonds Communs de Placements ou FCP.

   La différence entre les SICAV et les FCP est essentiellement juridique. Le FCP n'a pas de personnalité morale, contrairement à la SICAV. Néanmoins, pour l'épargnant, cette différence n'est pas perceptible et n'a pas de conséquences tangibles.

1. Les actions des Sociétés d'Investissement à Capital Variable ou SICAV

   Une SICAV a pour objet de gérer un portefeuille de valeurs mobilières. Son capital, divisé en parts égales nommées " actions SICAV ", représente la valeur de marché du portefeuille. De ce fait, la valeur des actions SICAV varie en fonction de l'évolution du marché et de la structure du portefeuille.

   Le gestionnaire de la SICAV est généralement un professionnel du marché : intermédiaire en bourse, banque ou société de gestion spécialisée agréée par le Conseil du marché Financier (CMF).

   Les actifs d'une SICAV sont obligatoirement déposés auprès d'un dépositaire (banque), chargé du contrôle de la régularité de ses opérations.

   La SICAV, son gestionnaire, son commissaire aux comptes et la banque dépositaire sont soumis à la tutelle et au contrôle du CMF.

   En Tunisie, les actions SICAV ne se négocient pas en bourse. Elles sont achetées " on parle de souscription " et revendues " on parle alors de rachat " directement par le gestionnaire auprès des agences bancaires et des intermédiaires en bourse.

   La valeur des actions SICAV, appelée " valeur liquidative ", est fixée périodiquement. Elle correspond à la valeur de marché des titres qui composent le portefeuille titres, divisée par le nombre d'actions en circulation.

   La SICAV a, vis-à-vis de ses actionnaires, l'obligation de leur racheter leurs actions dès qu'ils le souhaitent sur la base de leur valeur liquidative.

   La SICAV est en mesure de respecter cette obligation grâce à la liquidité des titres qui composent son portefeuille. Cette liquidité est assurée par le fait que la SICAV ne peut détenir que des titres cotés en bourse ou des titres qui ont fait l'objet d'un appel public à l'épargne.

En Tunisie, il existe deux types de SICAV :

  • les SICAV obligataires : leur portefeuille-titre est composé principalement de titres de créance,

  • les SICAV mixtes : leur portefeuille-titre est composé de titres de capital et de titres de créance. Ce type de SICAV présente de ce fait plus de risques : le rendement des actions cotées pouvant varier.

Enfin, une SICAV peut être de distribution ou de capitalisation

  • Une SICAV de distribution est tenue de distribuer la totalité de ses bénéfices sous les mêmes conditions que les sociétés anonymes.

  • Une SICAV de capitalisation ne distribue pas ses bénéfices.

2. La fiscalité des SICAV

Les SICAV bénéficient d'un régime fiscal avantageux à plusieurs titres :

  1. les plus-values réalisées sur la cession d'éléments de leur portefeuille sont exonérées d'impôts,

  2. les produits provenant d'intérêts sont soumis à un taux libératoire de 20 %,

  3. les bénéfices sont exonérés de l'impôt sur les sociétés,

  4. les dividendes distribués aux actionnaires sont également exonérés de l'impôt sur les sociétés pour les personnes morales et de l'impôt sur les revenus pour les personnes physiques,

  5. Les plus-values de cession d'actions SICAV sont exonérées de l'impôt :
    • pour les personnes physiques, il s'agit d'une exonération totale de l'impôt sur le revenu,

    • pour les personnes morales, les plus-values sont exonérées de l'impôt sur les sociétés dans la limite de la différence entre le prix de souscription et la valeur liquidative moyenne du mois de décembre précédant le rachat.

   Un régime équivalent est applicable aux souscriptions faisant partie d'un actif professionnel d'une personne physique.

3. Les parts de Fonds Communs de Placement ou FCP et leur fiscalité

Le FCP n'a pas de personnalité morale. C'est là sa principale différence avec la SICAV. Tout comme elle, sa gestion est confiée à un professionnel et ses actifs à un dépositaire.

Comme la SICAV, le FCP est soumis à la tutelle et au contrôle du CMF selon les mêmes modalités.

Fiscalement, le FCP et les porteurs de ses parts bénéficient des mêmes avantages.

V. Le Compte Epargne en Actions ou CEA

   Le Compte d'épargne en actions est une formule d'épargne à moyen et long termes. Sa fiscalité avantageuse en fait un produit financier très attrayant.

1. Eléments de définition

   Le CEA est un compte alimenté par des dépôts de son titulaire, dépôts servant à l'acquisition d'actions de sociétés cotées en bourse, de BTA ou de parts d'OPCVM.

   Les dépôts sont affectés aux titres de capital cotés dans la limite de 80% au moins ; le reliquat est affecté à l'acquisition de BTA. Ils peuvent également être utilisés pour l'acquisition de parts d'OPCVM respectant ces mêmes règles d'affectation.

   Le CEA peut être ouvert auprès d'une banque ou d'un intermédiaire en bourse par un salarié, une personne exerçant une activité commerciale ou non commerciale ou par un pensionné des caisses de sécurité sociale.

   Il peut être géré directement par son titulaire qui décide lui-même des opérations d'achats et de ventes des titres. Sa gestion peut également être confiée à une banque ou à un intermédiaire en bourse. Une convention entre le professionnel désigné et le titulaire du CEA précisera la politique de gestion à suivre.

2. Sa fiscalité

   Le titulaire du CEA peut déduire ses dépôts de l'assiette de l'impôt sur le revenu dans la limite d'un plafond annuel de 20000 dinars et d'une réduction maximale de l'impôt de 40%.

Le bénéfice de l'avantage fiscal est subordonné à deux conditions :

  • la présentation d'un certificat de dépôt délivré par l'établissement auprès duquel le CEA a été ouvert,

  • le blocage des sommes déposées pendant une période de 5 ans à compter du 1er janvier de l'année qui suit celle du dépôt.

   Le blocage des dépôts ne signifie pas le blocage des titres. Leur vente reste libre. Le titulaire se doit néanmoins de réemployer la somme de départ dans l'acquisition d'autres titres.

Les plus-values réalisées, les dividendes et les intérêts perçus peuvent quant à eux être retirés à tout moment.

   Le retrait des dépôts avant l'expiration de la période de 5 ans entraîne le paiement de l'impôt dû et non acquitté, majoré de pénalités. Toutefois, ces pénalités n'ont pas lieu d'être quand le retrait des sommes déposées intervient après l'expiration de la troisième année qui suit celle du dépôt ou lorsque le retrait intervient suite à des événements imprévisibles (maladie, accident avec préjudice corporel, arrêt de travail, décès du titulaire du compte...)

   Enfin, il est à noter que le décès du titulaire du compte n'implique pas la déchéance du compte des avantages accordés. Les héritiers conservent les avantages fiscaux sous réserve de respecter les conditions de blocage pour la période restante.

 

source : www.bvmt.com.tn

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